• “Une vision pour la culture et les bibliothèques à Genève”: compte rendu du débat du 1er octobre 2013
 Le 1er octobre passé, dans la salle communale du Môle, Marie Fuselier, directrice de la Division de l’Information Scientifique (DIS) à l’Université de Genève, Véronique Pürro, directrice des Bibliothèques municipales de la Ville de Genève (BMGE) et Alexandre Vanautgarten, directeur de la Bibliothèque de Genève (BGE) se sont présentés et ont répondu aux questions des professionnels genevois sur leur vision de la culture et de l’avenir des bibliothèques dans le Canton de Genève.

Ce débat, animé par Mr. Michel Gorin, de la Haute Ecole de Gestion, et proposé par l’Association Genevoise des Bibliothécaires Diplômés (AGBD), a débuté par une analyse SWOT de leurs institutions respectives.

Analyse SWOT

Pour Marie Fuselier, la force principale de son institution est son équipe compétente et motivée. L’organisation actuelle en est également une. Sa faiblesse est sa visibilité trop faible des services proposés et des compétences des professionnels. De plus, la croyance actuelle qu’aujourd’hui tout est accessible facilement et gratuitement prétérite également les services offerts par l’institution. Les opportunités des bibliothèques universitaires sont riches : obligation de s’adapter à l’évolution des pratiques et des usages actuels du public, développement de fonds pour l’accès à l’information scientifique par la Confédération, et surtout la nomination conjointe des 3 directeurs des établissements susmentionnés, qui permettent de travailler et de réfléchir ensemble à de futurs projets et collaborations. Pour terminer, les menaces sont le marché de l’édition en information scientifique, qui cherche à faire du bénéfice, le tout rendu plus difficile avec les baisses de budget inévitables.

Véronique Pürro, quant à elle, note les forces suivantes : tout d’abord, la mission des Bibliothèques Municipales, son personnel motivé, engagé et très attaché à la notion de service public, son implantation dans les quartiers, qui en fait un réel service de proximité, ainsi que ses riches collections. Sa faiblesse est la visibilité de l’institution. Par nature, les bibliothécaires sont des gens discrets et les services sont peu connus. L’organisation complexe du service est également considérée comme une faiblesse, ainsi que le retard technologique accumulé, à la fois au niveau des équipements, de l’offre et des compétences internes. Les opportunités des Bibliothèques Municipales sont le vote d’un gros crédit pour la remise à neuf de la Bibliothèque de la Cité. Cela permettra d’élaborer un nouveau projet culturel, de décloisonner les services et les espaces et intégrer la musique, la médiation culturelle, ce qui mettra vraiment en mouvement tout le service. Et les menaces sont la résistance au changement des employés, ainsi que les réductions budgétaires qui ne facilitent pas la mise en place de nouveaux projets.

Alexandre Vanautgarten, quant à lui, remarque que la force de son institution est son histoire. En effet, la BGE est implantée dans Genève depuis plus de 500 ans, et est riche de profils d’employés d’une grande richesse. Concernant les faiblesses, c’est surtout la perte d’identité qui s’est opérée dans le courant du XXe siècle, avec notamment le changement de nom de la BGE (qui autrefois, s’appelait la Bibliothèque Publique et Universitaire). Les opportunités de la BGE, quant à elles, sont les productions de savoir de l’institution, le personnel travaillant au cœur de la cité et la réflexion menée suite au refus des travaux au sein de la BGE.  La menace de l’institution concerne le problème d’espace. Actuellement, s’ils ne font rien, ils seront saturés d’ici 3-4 ans.

Visions d’avenir

Les 3 directeurs ont ensuite présentés leurs visions pour leurs institutions respectives :

Pour Marie Fuselier, sa vision générale est de développer les activités de l’Université autour des domaines d’excellences ainsi que des domaines pluridisciplinaires. Pour ce faire, une politique documentaire cohérente et commune sera mise en place. Un autre défi sera de trouver l’usager là où il se trouve et de lui permettre d’accéder à ses ressources sur place et à distance. Il faudra également rendre l’usager plus autonome, par exemple en organisant des formations et en développant de nouveaux services. Du temps sera également mis à disposition pour sauvegarder d’avantage le capital scientifique de l’Université, de par l’archivage des travaux des scientifiques, des professeurs, etc. Et pour terminer, ils travailleront sur la visibilité de l’Université en tant que telle, en collaborant d’avantage avec les partenaires. Un plan d’action sera donc mis en place d’ici à janvier 2014.

Pour Véronique Pürro, il s’agira de donner plus de visibilité à l’institution, de la rendre plus accessible, non seulement concernant les horaires, mais également en accompagnant d’avantage les usagers grâce à des opérations de médiation culturelle. Une carte à jouer sera bien évidemment tout ce qui concerne le numérique. Des actions hors-murs seront également mises sur pied afin de toucher un nouveau public, et les espaces au sein des bibliothèques seront adaptés pour répondre à leurs besoins. Une reflexion sera menée sur l’avenir de la bibliothèque des sports, du bibliobus et du service à domicile.

Quand à Alexandre Vanautgarten, le plus important est de ne pas oublier de conserver la convivialité de l’accueil, revenir à l’essentiel en donnant accès au savoir et propager la notion de « gai-savoir ». Un autre défi sera de toucher d’avantage le public actif (soit entre 30 et 60 ans).

Débat et questions

Après les présentations de ces différents points, le public a pu poser ses questions.

Mme Pürro a été questionnée quant à la mise à niveau des compétences en interne, ainsi que sa force personnelle en arrivant dans le réseau.

Mr. Vanautgarten, quant à lui, a été questionné sur les actions concrètes à mettre en place afin de rendre sa place à la Bibliothèque de Genève au sein de la ville.

Un autre membre du public s’est alors posé la question si tout pouvait être demandé aux bibliothécaires. Les 3 directeurs ont alors semblés d’accord sur le fait que d’autres métiers devaient entrer au sein de leurs institutions.

Le lien entre les 3 institutions a également été abordé, ainsi qu’une possible collaboration avec les bibliothèques internationales.

 

 

 Karine Yoakim Pasquier

 Comité AGBD